#Capcom15 : quelques réactions “à chaud”

Clôture hier en terre tourangelle du 27ème Forum annuel du réseau Capcom (Réseau des communicants publics et territoriaux). Une édition bien intéressante, occasion à la fois de retrouver de vieilles connaissances, de rencontrer de nouveaux pros de la com publique et de faire un peu le point sur certaines problématiques et pratiques de ce secteur passionnant.

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Quelques remarques à chaud (reprise de mes notes) sur le parcours qui a été le mien dans le très copieux menu de cet événement national, à caractère œucuménique et néanmoins disruptif. Donc, un propos sur le mode réactif, non étayé, compulsif, informel, en vrac…

Bernard Deljarrie a ouvert le Forum sur un rappel salutaire et nécessaire quant à la responsabilité des communicants publics et territoriaux (CPT) dans l’explicitation et la consolidation – à travers leurs postures et leurs pratiques – des principes de la République et du Se(r)vice Public. Le Délégué Général de Capcom a formellement appelé les CPT a être « plus offensifs« , Lire la suite

Elections université Rennes 2 : pourquoi Catherine Loneux est la femme de la situation

La communauté universitaire de Rennes 2 (étudiants, personnels enseignants-chercheurs, administratifs et techniques) vit une période intéressante, stimulante et importante pour son avenir et sa place dans le développement de ses missions de service public (formation, recherche et insertion professionnelle). Elle doit plus que jamais affirmer et renforcer sa place dans la géographie de l’enseignement supérieur régional (cf la COMUE-UBL).

Nous sommes depuis fin janvier dans une période transitoire en termes de gouvernance (rappel : au niveau de l’établissement, l’université a continué à fonctionner normalement). Un « Administrateur provisoire », nommé par le Recteur, assure et garantit d’une part le fonctionnement quotidien, d’autre part la préparation des élections qui auront lieu le 24 mars pour les personnels, les 24 et 25 mars pour les étudiants. Le syndicat Sgen-Cfdt, en collaboration forte avec des collègues enseignants, administratifs et techniques non-syndiqués (Solidarité & Ouvertures) a formalisé un projet politique, constitué des listes paritaires et équilibrées, et demandé à Catherine Loneux d’être tête de liste pour le Conseil d’Administration.

Je connais bien Catherine Loneux. Nous avons été recrutés la même année (1999), dans le Lire la suite

Les « relations presse » : un pas en avant, deux pas en arrière… ?

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J’ai eu le plaisir vendredi 27 juin dernier, d’animer une table-ronde dans le cadre des « Journées d’études LOUSTICPREFics » à la MSH-Bretagne, journées qui avaient pour thématique « Innovations technologiques en contexte professionnel : Continuités et ruptures dans les conceptions et les pratiques« .

Cette table-ronde portait sur les innovations et mutations dans le secteur des médias, thème circonscrit – pour l’occasion – au (vieux) couple « attaché de presse/journaliste ». L’idée était d’échanger sur la façon dont la « révolution numérique » se manifeste dans les pratiques de ces professionnels. Comment se donnent à voir les traductions de ce changement de paradigme (« penser à l’envers« ) qu’induit la numérisation généralisée des traces, des signes, des relations, des interactions, des organisations etc…

Une des phrases que l’on entend le plus dans les milieux professionnels est la suivante : “On ne fait plus le même boulot !”. Une phrase qui n’est pas seulement exprimée par les militants du “c’était mieux avant !”, mais qui est également proposée par de nombreux pros comme une opportunité. Une proposition qui est l’objet de nombreuses négociations – dans les associations professionnelles – sur le “positionnement » et le “cœur de métier”.

Le Comité scientifique avait donc fait le choix – pour cette table-ronde – d’un focus sur un binôme historique, le couple attaché de presse/journaliste. Les attachés de presse (dont le cœur de métier serait la MEDIATION : entre un client et les « gatekeepers » – processus de filtrage des informations, par les entreprises de presse, avant leur publication – , et plus largement les « influenceurs médiatiques ») qui seraient devenus des “Consultants en relation avec les publics”. Cette mutation professionnelle est d’ailleurs traduite explicitement dans le « Livre blanc » du SYNAP (Syndicat National des Attachés de presse) intitulé Des Relations Presse aux Relations Publics : chronique d’une révolution en marche”.

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C’est autour de ce Livre blanc (rédigé par le SYNAP, avec la collaboration de l’Argus de la Presse, d’étudiants Infocom de l’Université Rennes 2 et du Guide des Relations Presse) que s’est articulé le débat. Un document intéressant car il formalise l’état de la réflexion des pros des relations presse sur la thématique de l’innovation et de la “transition numérique” (« Vers les relations-presse 2.0 » ?). Madame Frédérique Pusey, Présidente du SYNAP était présente. Etait également convié, M. Eric Bullet, journaliste et Rédacteur-en-Chef Délégué au numérique pour le quotidien Ouest-France (qui pour des raisons d’agenda n’a pu être présent) et Johann Fourmond, Directeur de l’agence « Release Presse » (Rennes). Lire la suite

« Spin doctor, je te vois… »

yulsLe 6 mai dernier, France 5 diffusait un documentaire réalisé par Luc Hermann et Gilles Bovon, sur un métier qui suscite beaucoup d’attrait et de fantasmes (notamment chez les étudiants en communication) : les « Spin Doctors« .

Souvent (dé)considérés comme des « Maitres communicants-manipulateurs » évoluants dans les plus hautes sphères du pouvoir économique et politique, ces « communicants de crise » (« Fixers ») sont également très « mainstream » dans le flux des séries TV « qui marchent » (« Borgen » ou « Scandal » par exemple).

De « L’Affaire Kerviel » à « L’Affaire DSK », en passant par l’opération de lobbying de Castorama et Leroy-Merlin (l’ouverture des magasins le dimanche), ce documentaire en 2 parties met en lumière certes des pratiques, mais surtout des acteurs qui pilotent ces stratégies (des pros qui étaient – pour la plupart – déjà présents dans un livre publié en 2011 : « Les gourous de la com »).

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C’est sans doute dans cette « incarnation » que réside l’intérêt de ce documentaire (car pour les aficionados – dont je suis – « rien de nouveau »), mais de mon point de vue, c’est également le « dispositif de communication » (d’influence…) dans lequel s’inscrit ce documentaire, qui est intéressant : il a été diffusé en même temps que la sortie du livre et la mise en ligne du jeu. Du « inbound marketing » et de la « com d’influence » en quelque sorte… CQFD.

Partie 1 : « Les crises »

 

Partie 2 : « Les Politiques »

 

 

La FNAC, histoire d’une normalisation

SOURCE :  Frédérique Leblanc , le 24 juin 2010, see on www.laviedesidees.fr

Quelles traces ont laissé de leur passage les deux anciens trotskistes, André Essel et Max Théret, à l’origine de la FNAC, fondée en 1954 ? Quel rôle a joué cette entreprise dans le développement de la commercialisation de biens culturels ? Que reste-t-il du projet originel ? Qui sont ses salariés et quelles sont leurs conditions d’emploi et de travail ? L’ouvrage de Vincent Chabault retrace l’histoire de cette entreprise qui a suscité des éloges aussi dithyrambiques que les critiques ont pu être virulentes, à travers un double regard : comment l’entreprise a-t-elle pu « absorber » les évolutions de son environnement et au prix de quelles transformations ? Qu’est-ce qu’a signifié, pour deux générations de salariés, le fait de travailler à la FNAC ?

Contribuer à son époque… avant de s’y ajuster

Dans les années 1950, une nouvelle classe moyenne se fait jour, plus nombreuse, plus diplômée et plus aisée que la précédente. Ses espoirs d’ascension sociale sont fondés et ses membres aspirent majoritairement à d’autres manières de vivre que celles de leurs aînés. Pour eux, la consommation de produits culturels est à la fois le moyen et le signe de cette ascension. La FNAC répondra aux aspirations de ce qui deviendront sa clientèle, et surtout ses adhérents : des jeunes avides de signes distinctifs de leur statut social, accédant à des métiers, sinon nouveaux, du moins encore inaccessibles à leurs parents, et, parvenant pour certains à un statut hiérarchique en plein essor, celui de cadre. L’objectif des fondateurs de la FNAC est de contribuer à l’accès de ces nouveaux consommateurs aux biens culturels (chapitre 2) en luttant contre les abus des distributeurs en termes de prix comme de qualité des produits. Outre une politique de prix bas, A. Essel et M. Théret proposent très vite, dans le magazine de liaison avec les adhérents, Contact fondé dès 1954, des tests comparatifs des produits, réalisés en interne à partir de 1972, grâce à la création d’un laboratoire propre. C’est la logique de lutte pour des prix bas qui prévaut quand la FNAC ouvre son premier rayon livres à prix discount en 1974. Mais elle fait voler en éclat l’équilibre fragile des relations éditeurs-libraires, suscitant de très vifs débats entre les tenants du prix libre et ceux du prix unique, jusqu’au vote de la loi dite « Lang » en 1981.

En 1980, la FNAC entre en bourse avant d’être rachetée par la GMF en 1985 puis par François Pinault dix ans plus tard : la seule logique de rentabilité financière balaie alors le projet des fondateurs (chapitre 4). Un personnel embauché sur des statuts d’emploi dégradés remplace progressivement les salariés des années 1960-1980 recrutés pour leurs capacités d’investissement, sous des statuts et dans des conditions enviables pour le secteur du commerce. Les tâches sont rationalisées et les marges d’autonomie des salariés supprimées : seule compte la rentabilité immédiate, et la vente à tout prix prime sur l’offre originale et de qualité qui avaient fait la réputation de l’entreprise. Finie donc l’innovation jusque dans la gestion des salariés, place à une grande entreprise de grande distribution parmi d’autres, bénéficiant d’une image construite antérieurement.

Par la description détaillée de deux générations de salariés à la FNAC (chapitre 3 et 6), de leurs conditions d’emploi et de travail, l’ouvrage de Vincent Chabault éclaire un pan de l’histoire de la classe moyenne dans la deuxième moitié du XXe siècle. Jusque dans le milieu des années 1980, cette classe connaît une ascension continue : accès à de meilleurs salaires, à des conditions d’emploi qui s’améliorent, voire à des emplois dans le secteur culturel. À partir du milieu des années 1980, malgré un accroissement continu des niveaux de diplômes, voire de formations spécialisées, les conditions et les statuts d’emploi se dégradent, et le travail perd de son intérêt au fur et à mesure que la marge de manœuvre du salarié se réduit.

Une entreprise pas comme les autres, devenue une parmi d’autres

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