2.0, e-marketing, business… et sciences sociales

J’ai participé hier soir à une table-ronde sur le « e-marketing »… Les organisateurs (humainement sympas et professionnellement intéressants) avaient convié des pros du marketing à écouter un aréopage (« assemblée de personnes particulièrement compétentes » nous dit le dictionnaire) composé d’une consultante en « e-marketing »(sympa et effectivement compétente), deux chefs d’entreprises incarnant deux « success stories » en matière de e-marketing (l’un, post-soixante-huitard repenti, totalement converti à « la cause » du business, donc assez « satisfait »… ; l’autre – 23 ans – sympa, humble et très pertinent), et aussi, un « sociologue » : moi… « Du sentiment d’être un extra-terrestre au pays des winners… », c’est un peu le feeling que j’avais en rentrant chez moi… Au milieu des emphases du genre « les outils du 2.0 sont des outils qui permettent d’atteindre l’excellence »…, « restaurer le cercle vertueux »…, « gagnant-gagnant »…, «  »créer des usages »… mon propos sur les pratiques et logiques sociales qui se recomposent, sur les environnement instables et en mouvement permanent et les questions que celà soulève, l’expertise et la compétence distribuée, l’innovation ascendante, les logiques de résistance dont sont porteurs les réseaux sociaux, les discours de réenchantement du monde que portent les « fans » du e-marketing, etc… semblaient générer beaucoup d’ennui, voire de l’irritation… Comme souvent lors de ces événements, c’est le « cocktail » qui est le moment le plus intéressant. Après 2 ou 3 coupettes, les participants « se lachent » en face-à-face et on mesure – ou plutôt se confirme – le décalage entre les prophéties (qui se veulent auto-réalisatrices) des spécialistes du e-marketing, leurs incantations à l’utilisation (et pas l’usage…) des outils du 2.0, et l’adhésion présupposée des pros à ces discours de re-mobilisation… Au moins, cette soirée m’aura permis de mettre l’accent sur l’impérieuse nécessité (…) de mobiliser les « Sciences humaines et sociales » pour essayer de comprendre ce qui était en train de se passer, et de passer par le « pourquoi » avant de se jeter sur le « comment » (le fameux « détour qui donne accès » de François Jullien). D’ailleurs, la semaine prochaine, j’assiste à un colloque – au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche – sur « Sciences humaines : de nouvelles ressources pour l’entreprise« . Comme dirait un de mes collègues : « on en reparle ! » 🙂

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