Le marketing territorial est un troll…

(Tribune que j’ai publiée dans la revue Brief en février 2017)

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La lecture régulière des publications et autres énoncés des professionnels de la communication territoriale est passionnante et parfois… navrante. Entre postures jubilatoires, énamourées, parfois critiques et souvent stimulantes autour des civic techs, des smart cities, de l’open data… la thématique du marketing territorial y est très présente, symptôme d’un métier en recomposition/disruption/explosion. Un métier en crise… ? Entendons-nous bien, il ne s’agit pas ici d’un propos visant à stigmatiser ou disqualifier les communicants territoriaux qui seraient “market-terr friendly” (l’intelligence, les compétences, le volontarisme et l’engagement des ces professionnels sont réels et avérés, mais ne sont pas mon objet dans ce billet), mais plutôt d’une réaction/interrogation (provocatrice…) sur le fonds et les formes de rationalités qui structurent certaines pensées et pratiques en mouvement autour du vocable “marketing territorial”.

Des communicants territoriaux béats : “Je brand, donc j’existe !!”

Les lois de décentralisation ont eu entre autres conséquences de déployer un double mouvement (paradoxal ?) de « mise en communication » et de « mise en compétition » des territoires et de promouvoir une nouvel idéal communautaire : le « territoire enchanté », pacifié, innovant, intelligemment co-produit , etc. Un nouveau grand récit de substitution… A la communication des « institutions » a succédé Lire la suite de « Le marketing territorial est un troll… »

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La mondialisation universitaire

L’historien Christophe Charle a récemment repris son Histoire des universités, livre coécrit avec Jacques Verger, en y ajoutant une analyse de fond sur l’histoire de la mondialisation universitaire à l’époque contemporaine. Dans quelle mesure les réformes des universités ont-elles pu, ou peuvent-elles encore à l’avenir, contribuer à l’avènement d’une société mondiale plus démocratique et unie ?

See on Société numérique, Information-Communication and on www.laviedesidees.fr

La sociologie des usages : continuités et transformations

Interroger la sociologie des usages, dans un contexte d’intensification des technologies de l’information et de la communication et de banalisation des études d’usages, souvent réduites à l’accumulation de données chiffrées ou qualitatives, malgré la richesse des travaux, tel est l’objectif de cet ouvrage.

Ce champ de recherche a produit des connaissances tant sur l’appropriation sociale des innovations techniques, sur les détournements, contournements, que sur l’insertion de nouveaux usages dans les pratiques préexistantes et leurs significations.

L’ambition de l’ouvrage, qui rassemble des chercheurs auscultant les enjeux scientifiques, politiques, économiques et les pratiques numériques, est de poser les éléments d’un débat sur la recherche contemporaine sur les usages. Une mise à distance de la notion d’usage, une réflexion critique relative aux méthodologies et à l’approche socio-politique sont ainsi engagées. Grâce aux regards des huit contributeurs, Dominique Carré, Éric George, Guillaume Latzko-Toth, Françoise Massit-Folléa, Florence Millerand, Christian Papilloud, Françoise Paquienséguy, Geneviève Vidal, l’invitation à poursuivre le débat sur la sociologie des usages, en termes de continuités et de transformations, ouvre sur des perspectives de recherche sur les usages des TIC. (source : Editions Hermes-Lavoisier)

La sociologie des usages : continuités et transformations, sous la direction de Geneviève Vidal, aux Editions Hermes-Lavoisier.

« Veille Ouest » à Rennes : ben, c’était bien !

Mardi dernier, a eu lieu à Rennes – à l’initiative de Bretagne Développement Innovation (BDI) – la 1ère rencontre professionnelle bretonne autour de la « veille informationnelle« . Je suis – avec mon collègue Alexandre Serres – membre du Comité d’organisation de l’événement, puisque l’Université Rennes 2 – par le biais du laboratoire PREFIC’s – est partenaire de cet événement. Pour une première édition, c’était assez réussi. 300 inscrits (cet événement était destiné aux PME-TPE bretonnes), une vingtaine d’exposants, des conférences et autres ateliers. Une bonne dynamique et quelques constats (à chaud).

Dès la plénière d’ouverture, on retombe sur l’un des travers de ce type de manifestation professionnelle : personne ne définit quoi que ce soit !!! Pour tout le monde, « l’information » est considérée comme un concept « qui va de soi » (non, d’ailleurs même pas un « concept », puisque j’ai entendu un intervenant de la plénière du matin dire : « la veille, c’est empirique et pas théorique« … Ok, mais va falloir m’expliquer comment on peut faire de la « conception » (stratégique…) sans concept… mais bon… On reste du coup dans la confusion – habituelle – entre « donnée » et « information » (toujours cette métaphore champêtre de la « collecte » d’informations… qui m’énerve !), exit la question – fondamentale – de la « co-production » du sens (il faudrait rappeler aux « pros de l’info » que la sémiologie et l’anthropologie, ça existe ;-).

Autre constante : la centration sur la question du « document » (alors qu’il me semble que c’est la notion de trace – et de flux informationnels et de processus organisationnels – et comment tout ça nous amène à reconsidérer la relation « action-savoir » dans une perspective pragmatique et concrète, qui est problématique, mais bon…) et bien sur le fantasme des outils comme dispositifs auto-simplifiants de la complexité environnante et vecteur de ré-enchantement du monde…

La notion de « compétence » est présentée – du bout des lèvres en ouverture – comme un enjeu (dans une perspective « individuelle » et pas « collective »)… mais est quasiment absente des débats qui suivront dans la journée (sauf bien sur dans l’atelier « Veille, RH et intelligence collective« , et heureusement en même temps !). Pas un mot – ou presque – sur la question de la capitalisation des savoirs, sur la question de l’innovation ascendante, sur la notion (que nous travaillons au sein de notre labo PREFIC’s) de « compétences communicationnelles », sur la difficulté à mettre en œuvre une organisation « processus » et à s’arracher à la prégnance des conceptions tayloriennes de l’organisation (et donc de l’information qui va avec), etc…

Une nouvelle occasion de renforcer l’hypothèse que les thématiques et problématiques développées dans le champs scientifique des Sciences de l’Information-Communication, notamment au sein du groupe de recherche « Org & Co » et – j’vais m’géner ! – au sein de mon « cher » département Info-Com  de l’Université Rennes 2 (auto-promo !), sont bel et bien en phase avec les enjeux managériaux (publics ou privés) et les problématiques professionnelles.

Je vais revenir à la charge avec mon projet de développement d’une offre de formation continue sur ces problématiques, ça va pas trainer !

Chers « veilleurs », revenez donc à la fac !!! 😉

En tout cas, une journée intéressante et sympa, à l’image du Comité d’organisation ! Bravo à l’équipe de Bretagne Développement Innovation.