Les « relations presse » : un pas en avant, deux pas en arrière… ?

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J’ai eu le plaisir vendredi 27 juin dernier, d’animer une table-ronde dans le cadre des « Journées d’études LOUSTICPREFics » à la MSH-Bretagne, journées qui avaient pour thématique « Innovations technologiques en contexte professionnel : Continuités et ruptures dans les conceptions et les pratiques« .

Cette table-ronde portait sur les innovations et mutations dans le secteur des médias, thème circonscrit – pour l’occasion – au (vieux) couple « attaché de presse/journaliste ». L’idée était d’échanger sur la façon dont la « révolution numérique » se manifeste dans les pratiques de ces professionnels. Comment se donnent à voir les traductions de ce changement de paradigme (« penser à l’envers« ) qu’induit la numérisation généralisée des traces, des signes, des relations, des interactions, des organisations etc…

Une des phrases que l’on entend le plus dans les milieux professionnels est la suivante : “On ne fait plus le même boulot !”. Une phrase qui n’est pas seulement exprimée par les militants du “c’était mieux avant !”, mais qui est également proposée par de nombreux pros comme une opportunité. Une proposition qui est l’objet de nombreuses négociations – dans les associations professionnelles – sur le “positionnement » et le “cœur de métier”.

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Revue Française des SIC (RFSIC) : numéro 2

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La RFSIC, revue électronique de la Société française des sciences de l’information et de la communication, traite de l’ensemble des problématiques de cette discipline dans une approche transversale. Elle vise un public de chercheurs et de professionnels en proposant des articles sur des thèmes de fonds et d’autres émergents. L’arrivée de cette jeune revue sur la plateforme Revues.org correspond à la publication de son deuxième numéro intitulé « Communication et diversité cuturelle ». Tous les articles sont librement accessibles en ligne, et disponibles au téléchargement en PDF et ePub. La revue est intégrée au bouquet du programme OpenEdition Freemium pour les bibliothèques : « Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication » (RFSIC)

« Veille Ouest » à Rennes : ben, c’était bien !

Mardi dernier, a eu lieu à Rennes – à l’initiative de Bretagne Développement Innovation (BDI) – la 1ère rencontre professionnelle bretonne autour de la « veille informationnelle« . Je suis – avec mon collègue Alexandre Serres – membre du Comité d’organisation de l’événement, puisque l’Université Rennes 2 – par le biais du laboratoire PREFIC’s – est partenaire de cet événement. Pour une première édition, c’était assez réussi. 300 inscrits (cet événement était destiné aux PME-TPE bretonnes), une vingtaine d’exposants, des conférences et autres ateliers. Une bonne dynamique et quelques constats (à chaud).

Dès la plénière d’ouverture, on retombe sur l’un des travers de ce type de manifestation professionnelle : personne ne définit quoi que ce soit !!! Pour tout le monde, « l’information » est considérée comme un concept « qui va de soi » (non, d’ailleurs même pas un « concept », puisque j’ai entendu un intervenant de la plénière du matin dire : « la veille, c’est empirique et pas théorique« … Ok, mais va falloir m’expliquer comment on peut faire de la « conception » (stratégique…) sans concept… mais bon… On reste du coup dans la confusion – habituelle – entre « donnée » et « information » (toujours cette métaphore champêtre de la « collecte » d’informations… qui m’énerve !), exit la question – fondamentale – de la « co-production » du sens (il faudrait rappeler aux « pros de l’info » que la sémiologie et l’anthropologie, ça existe ;-).

Autre constante : la centration sur la question du « document » (alors qu’il me semble que c’est la notion de trace – et de flux informationnels et de processus organisationnels – et comment tout ça nous amène à reconsidérer la relation « action-savoir » dans une perspective pragmatique et concrète, qui est problématique, mais bon…) et bien sur le fantasme des outils comme dispositifs auto-simplifiants de la complexité environnante et vecteur de ré-enchantement du monde…

La notion de « compétence » est présentée – du bout des lèvres en ouverture – comme un enjeu (dans une perspective « individuelle » et pas « collective »)… mais est quasiment absente des débats qui suivront dans la journée (sauf bien sur dans l’atelier « Veille, RH et intelligence collective« , et heureusement en même temps !). Pas un mot – ou presque – sur la question de la capitalisation des savoirs, sur la question de l’innovation ascendante, sur la notion (que nous travaillons au sein de notre labo PREFIC’s) de « compétences communicationnelles », sur la difficulté à mettre en œuvre une organisation « processus » et à s’arracher à la prégnance des conceptions tayloriennes de l’organisation (et donc de l’information qui va avec), etc…

Une nouvelle occasion de renforcer l’hypothèse que les thématiques et problématiques développées dans le champs scientifique des Sciences de l’Information-Communication, notamment au sein du groupe de recherche « Org & Co » et – j’vais m’géner ! – au sein de mon « cher » département Info-Com  de l’Université Rennes 2 (auto-promo !), sont bel et bien en phase avec les enjeux managériaux (publics ou privés) et les problématiques professionnelles.

Je vais revenir à la charge avec mon projet de développement d’une offre de formation continue sur ces problématiques, ça va pas trainer !

Chers « veilleurs », revenez donc à la fac !!! 😉

En tout cas, une journée intéressante et sympa, à l’image du Comité d’organisation ! Bravo à l’équipe de Bretagne Développement Innovation.

Baromètre 2010 « Les Français et la communication locale »

Le cabinet anciennement nommé « ID-Communes », désormais re-nommé « Epiceum » (depuis le 15 mars), cabinet toujours dirigé par (l’excellent) Christian de La Guéronnière, vient de publier la seconde édition (avec CSA et Cap’com) de son baromètre sur « Les Français et la communication locale« . Intéressant.

2.0, e-marketing, business… et sciences sociales

J’ai participé hier soir à une table-ronde sur le « e-marketing »… Les organisateurs (humainement sympas et professionnellement intéressants) avaient convié des pros du marketing à écouter un aréopage (« assemblée de personnes particulièrement compétentes » nous dit le dictionnaire) composé d’une consultante en « e-marketing »(sympa et effectivement compétente), deux chefs d’entreprises incarnant deux « success stories » en matière de e-marketing (l’un, post-soixante-huitard repenti, totalement converti à « la cause » du business, donc assez « satisfait »… ; l’autre – 23 ans – sympa, humble et très pertinent), et aussi, un « sociologue » : moi… « Du sentiment d’être un extra-terrestre au pays des winners… », c’est un peu le feeling que j’avais en rentrant chez moi… Au milieu des emphases du genre « les outils du 2.0 sont des outils qui permettent d’atteindre l’excellence »…, « restaurer le cercle vertueux »…, « gagnant-gagnant »…, «  »créer des usages »… mon propos sur les pratiques et logiques sociales qui se recomposent, sur les environnement instables et en mouvement permanent et les questions que celà soulève, l’expertise et la compétence distribuée, l’innovation ascendante, les logiques de résistance dont sont porteurs les réseaux sociaux, les discours de réenchantement du monde que portent les « fans » du e-marketing, etc… semblaient générer beaucoup d’ennui, voire de l’irritation… Comme souvent lors de ces événements, c’est le « cocktail » qui est le moment le plus intéressant. Après 2 ou 3 coupettes, les participants « se lachent » en face-à-face et on mesure – ou plutôt se confirme – le décalage entre les prophéties (qui se veulent auto-réalisatrices) des spécialistes du e-marketing, leurs incantations à l’utilisation (et pas l’usage…) des outils du 2.0, et l’adhésion présupposée des pros à ces discours de re-mobilisation… Au moins, cette soirée m’aura permis de mettre l’accent sur l’impérieuse nécessité (…) de mobiliser les « Sciences humaines et sociales » pour essayer de comprendre ce qui était en train de se passer, et de passer par le « pourquoi » avant de se jeter sur le « comment » (le fameux « détour qui donne accès » de François Jullien). D’ailleurs, la semaine prochaine, j’assiste à un colloque – au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche – sur « Sciences humaines : de nouvelles ressources pour l’entreprise« . Comme dirait un de mes collègues : « on en reparle ! » 🙂

Communication « responsable » : Total nous fait la « totale »

logo_totalDans la série « Ils nous prennent vraiment pour des cons« , la société Total (qui a été condamnée en décembre 2008 dans l’Affaire Erika, mais il n’y a sans doute pas de relation de cause à effet…) met le paquet depuis quelques semaines sur la RSE et autres investissements politiquement corrects sur la « durabilité ». Un code de conduite (éthique évidemment) et un rapport « Environnement et Société 2007« , sur le site (officiel) de la société, le financement de la « Chaire développement durable » ouverte le mois dernier au Collège de France, et en avril une campagne presse (des pleines pages de pub dans les quotidiens nationaux). Le greenwashing ? Ce sont les agences de com qui en parlent le mieux… whistling